AFFAIRE des Généraux

Par Alain Ruscio, le 09 mai 2014

 

 

 

AFFAIRE des Généraux

Alain Ruscio

Voir également les entrées :

 

* Affaire des Fuites

* Guerre d’Indochine (1945-1954)

* Trafic des Piastres

Bibliographie

 

Alexander Werth, La France depuis la guerre, 1944-1957, Paris, Gallimard, 1957 ; Georgette Elgey, Georgette, Histoire de la IV è République, Vol. I, La République des illusions, Paris, Fayard, Coll. Les grandes Études contemporaines, 1965 ; Claude Angelli & Paul Gillet, La police dans la politique (1944-1954), Paris, Grasset, 1967 ; Philippe Bernert, Roger Wybot et la bataille pour la DST, Paris, Presses de la Cité, 1975 ; Jules Moch, Une si longue vie, Paris, Robert Laffont, 1976 ; Danièle Domergue-Cloarec, « La mission et le rapport Revers », Revue Guerres mondiales, n° 148, 1987 ; Roger Faligot & Pascal Krop, DST Police secrète, Paris, Flammarion, 1999 ; Alain Ruscio, La guerre française d’Indochine, Bruxelles, Éd. Complexe, Coll. La mémoire du siècle, 1992 ; Philippe Marcus, La République trahie, de l’affaire des généraux à l’affaire des fuites, Paris, Le Cherche-Midi, 2009

 

Données de base

 

Nom d’un des plus pénibles scandales liés à la guerre française en Indochine : la divulgation d’un rapport rédigé par le chef d’état-major de l’armée française, puis la révélation de ses liens troubles avec un autre officier général, un aventurier, ancien collaborateur, puis des Vietnamiens de France dont probablement des agents doubles, enfin avec divers milieux politiques. Cet épisode accentua le malaise, déjà présent dans une opinion française qui fut le plus souvent sourdement hostile à ce conflit du bout du monde.

 

La mission et le rapport Revers

 

Au moment de la guerre d’Indochine, le général Georges Revers – on imagine que les humoristes de l’époque utilisèrent ce nom – avait déjà derrière lui une carrière honorable, si l’on excepte un passage par la fidélité à Pétain, de 1940 à 1943. Chef d’état-major général de l’armée française depuis 1947, il était évidemment concerné au premier chef par le conflit indochinois.

 

En mai 1949, il effectue une tournée d’inspection en Indochine. Il écoute attentivement tous les officiers en poste, fait lui-même des observations. De retour en France, il est porteur de diverses conclusions, d’ordre politique ou militaire, qu’il résume dans un Rapport, classé ultra secret : jugement critique sur l’état d’esprit et la stratégie du commandement sur place, conclusions pessimistes, loin des discours officiels, type dernier quart d’heure[1], qui règnent alors.

 

Chacun sait à ce moment qu’en Chine, le basculement des forces entre nationalistes et communistes est en cours (la proclamation de la République populaire aura lieu en octobre). Les positions françaises au Tonkin, proche de la frontière, sont évidemment menacées à terme. Quelques jours avant l’éclatement de l’affaire, Revers livre à la presse sa conclusion majeure : 

 

« Un devoir international : couvrir la frontière sino-tonkinoise. »

 

Général Georges Revers, Combat, 4 août 1949

 

Seize mois avant la bataille de la RC 4 (Cao Bang-Lang Son), le rapport Revers est donc prémonitoire sur deux aspects : il sait que les troupes communistes chinoises arriveront dans les mois qui suivent à la frontière (ce sera fait en décembre) et il anticipe sur la nécessité de l’engagement américain auprès de la France (d’où l’expression « devoir international »).

 

Ces enjeux internationaux cachaient (mal) également des calculs politiciens sordides. La formule de conclusion du Rapport Revers était précise :

 

« L’Indochine peut et doit être sauvée. Il lui faut un chef militaire ayant du prestige et une grande autorité personnelle. »

 

Général Revers, Rapport, juin 1949[2]

 

Sous entendu : elle pouvait être sauvée… à condition d’éliminer l’équipe en place. On comprendra vite que Revers avait une arrière-pensée en critiquant le Haut commissaire, Léon Pignon, notoirement lié à ses ministres de tutelle (France d’outre-mer), Jean Letourneau, puis Paul Coste-Floret, tous trois MRP. Revers avait dans sa manche une solution de rechange avec son ami et complice le général Mast, qui faisait alors ouvertement campagne pour prendre le poste de Pignon, et le Parti socialste n’était pas étranger à cette manœuvre. 

 

Aventuriers, agents doubles et politiciens

 

Le psychodrame en gestation verra apparaître, au fur et à mesure que l’enquête progressera, un monde trouble. 

 

Le personnage principal, la plaque tournante de l’affaire, était un certain Roger Peyré[3], personnage sans moralité, « flibustier pour temps modernes, mâtiné de repris de justice et d’agent double » (Edgar Faure[4]), de surcroît ancien collaborateur, frappé d’indignité nationale à la Libération, puis… blanchi. Ce Peyré avait ses entrées au plus haut niveau, dans divers ministères, tutoyait les plus hauts personnages de l’État. Revers, lorsqu’il était aux commandes de l’armée française, s’adressait à lui avec un ton de déférence, allant jusqu’à demander à l’aventurier d’intercéder pour l’obtention de sa cinquième étoile[5]. Avant que l’affaire ne devienne publique, la DST avait tout de même commencé une enquête. Peyré fut arrêté, interrogé. Mais ni gardé, ni même surveillé. C’est le plus tranquillement du monde qu’il quitta la France, en novembre 1949, un mois avant les premières interrogations publiques sur un éventuel scandale. Il se réfugia en Amérique du Sud et… ne réapparut plus.

 

Second personnage, Hoang Van Co, animateur de la Délégation du Viêt Nam à Paris, antenne sur place du gouvernement Bao Dai. Avant la guerre mondiale, il avait été membre du cabinet du ministre des Colonies, Georges Mandel, puis avait travaillé, à Vichy, au ministère de l’Information. Le moins que l’on puisse dire donc est que son attachement à la cause nationaliste vietnamienne était récent. Après guerre, il avait un temps été membre du Parti socialiste SFIO, se vantait de ses relations maçonniques, fréquentait des hommes politiques français de tout premier plan, ministres compris. Propagandiste désormais de Bao Dai, il avait écrit deux ouvrages politiques à destination de la population française[6]. On comprendra, au fur et à mesure du développement de l’enquête, qu’il était en quelque sorte le trésorier de cette affaire. Lors d’une saisie opéré par la DST, deux de ses chéquiers furent saisis. Documents explosifs. Sur les souches, quelques-uns des noms les plus importants de la vie politique française du moment, appartenant à toutes les familles politiques, à l’exception  du PCF. Par exemple, il avait donné un million de francs au général Mast, par l’intermédiaire de… Peyré, un million au général Revers, 500.000 au vice-président socialiste de l’Assemblée nationale, André Le Troquer… Interrogé sur ces versements, Van Co répondit – cynisme ? candeur ? – que cet argent lui servait à « acheter les consciences »[7].

 

Le déclenchement

 

Le rapport du général Revers est achevé le 29 juin 1949, remis confidentiellement aux plus hautes autorités de l’État entre la fin juin et le début juillet. 

 

La première alerte arrive d’Indochine. Le 22 août, les services secrets, qui écoutent évidemment chaque jour la radio Viet Minh (qui émet de Rangoon), y entendent, avec l’effarement que l’on imagine, des extraits du rapport Revers.

 

À ce moment donc, et sans doute même plus tôt, certains décideurs, à Paris (mais lesquels ?), sont informés d’une fuite d’importance. Or, force est de constater qu’ils ne font strictement rien. La rivalité MRP / SFIO y est-elle pour quelque chose ?

 

Un mois plus tard, le 18 septembre, a lieu à Paris un curieux incident. Un soldat du Corps expéditionnaire du nom de Perez apostrophe, sur la plate-forme d’un autobus, deux Vietnamiens. Insultes, début de bagarre, puis intervention de la police. L’un des deux Vietnamiens, qui répond au nom de Do Dai Phuoc, fouillé, est retrouvé en possession du fameux rapport Revers. Rétrospectivement, on put à juste titre s’interroger sur le caractère spontané de cette fameuse bagarre. Qui avait eu intérêt à braquer ainsi les projecteurs sur une faille majeure du système de sécurité militaire français ? Il s’agissait sans aucun doute d’un nouvel épisode de la lutte MRP / SFIO, par guerre des polices interposée.

 

Trois années plus tard, devant une autre Commission parlementaire d’enquête (celle sur le trafic des piastres), le général Revers déclarera qu’il avait « l’impression formelle » que la bagarre de l’autobus était un « coup monté »[8]. Il ne fut pas le seul.

 

Ce n’est plus une fuite, c’est une trombe, un Niagara[9]

 

Dès ce moment, en tout cas, une enquête plus approfondie est entreprise.

 

Do Dai Phuoc se révèle être en liaison avec Hoang Van Co, par l’intermédiaire de la Délégation générale du Viêt Nam en France. Une perquisition à son siège permet de découvrir quatre-vingts ( ! ) copies du rapport Revers[10]. Plus aucun doute n’est alors permis : les agents du Viet Minh en métropole – forcément infiltrés dans les milieux baodaïstes – ont bien été en possession du rapport, et c’est par eux que la radio du Viet Minh a eu l’information. Ce rapport est sans aucun doute, à ce moment, sur le bureau du général Giap. 

 

Les principaux responsables politiques français, MM. Queuille, président du Conseil, Ramadier, ministre de la Défense, Moch, ministre de l’Intérieur, sont prévenus le 22 septembre. Les deux premiers sont dans le bureau de Vincent Auriol, président de la République, le 23 au matin.

 

Dans un premier temps, c’est la frayeur qui l’emporte sur le souci d’efficacité. Tout faire plutôt que de rendre public un tel scandale. Le raisonnement des responsables français est résumé par Auriol :

 

« Queuille et Ramadier me disent que c’est très ennuyeux ; que l’instruction va faire connaître qu’un chef d’état-major a violé les secrets de la Défense nationale ; alors les Américains et les Alliés n’auront pas confiance en notre Défense nationale et se demanderont si on peut compter sur la France. »

 

Vincent Auriol, Journal, 23 septembre 1949[11]

 

Auriol précise d’ailleurs qu’il n’est pas d’accord, lui, avec ce raisonnement. Il est partisan de « confier cela immédiatement à la justice militaire ». Mais on sait que cette IV è République n’avait guère laissé de pouvoir au Président. Les ministres mettent en place leur argumentaire : il y a eu divulgation d’un rapport à dimension politique, non de secrets militaires. Auriol s’incline. 

 

Malgré ces précautions, une partie de la presse commence à bruisser de rumeurs. C’est de la droite que viennent les premières attaques :

 

« Une affaire stupéfiante. Une partie du rapport du général Revers sur la situation en Indochine aurait été transmise au Viet Minh. »

 

Le Matin, 29 septembre 1949

 

Une autre attaque de ce type vient d’un pamphlétaire à la réputation sulfureuse, ancien de l’UDSR, puis du RPF, Jean Nocher, qui reprend la thèse classique du coup de poignard dans le dos, dont il rend nommémemnt responsable Ramadier (L’Espoir de Saint-Étienne, 1 er décembre)[12].

 

Mais la grande presse ne suit pas.

 

Des mesures (relativement) discrètes sont alors prises. Mast est mis en congé pour trois mois le 5 octobre 1949. Comme il devait être atteint par la limite d’âge en janvier suivant, la IV è République ajoute l’hypocrisie à la maladresse. Revers est destitué de ses responsabilités le 7 décembre.

 

L’impression qui prévaut est que les responsables politiques, informés depuis août – ou septembre, hypothèse minimale – des fuites, ont évincé ces officiers généraux afin de gagner du temps.  

 

Y a-t-il une affaire des généraux ?

 

Fin 1949, c’est de la presse américaine – ce qui est hautement significatif – que viennent les premiers articles de la grande presse. Le 26 décembre, Time publie une étude au titre évocateur : « France-scandal », signé d’un certain André Laguerre, aux attaches gaullistes anciennes et affirmées. La France, y était-il affirmé, est une véritable passoire en matière de secrets militaires.

 

Il n’est donc plus possible d’étouffer l’affaire, face à l’opinion française. C’est Le Monde qui ouvre les hostilités, par une question un peu pernicieuse, en titre de première page :

 

« Y a-t-il une affaire Mast-Revers ? »

 

Le Monde, 13 janvier 1950

 

Oui, il y a une affaire. Et il est même étonnant, qu’elle n’éclate que trois mois après la découverte des premiers rapports entre des mains vietnamiennes.

 

Et l’abcès va crever, dégageant un fumet peu plaisant. Rémy Roure, l’éditorialiste du Monde emploie le mot juste : cette guerre commence à ressembler à un cloaque[13]. À l’opposé politique, Roger Stéphane lui réplique : l’affaire, c’est la guerre elle-même, dans son principe même[14].

 

On connaît aujourd’hui – et en fait on a connu très tôt[15] – l ‘enchaînement des faits. De retour en France, Revers a achevé son rapport le 29 juin, on l’a dit. Il en remet un exemplaire à chaque responsable politique – président de la République, président du Conseil, ministre de la Défense –, ce qui est normal… mais en donne un également à Mast (mi-juillet). Première irrégularité, qui va permettre toutes les autres : Mast, certes officier général, n’a alors aucune fonction officielle liée à l’Indochine et, à ce titre, aucun droit à avoir connaissance de ce rapport. Mast, qui doit rendre des services à Peyré, lui transmet le document secret (19 juillet), probablement contre espèces sonnantes et trébuchantes. Puis Peyré le transmet à son tour à Van Co, au carnet de chèques généreux. Comme la Délégation baodaïste à Paris était probablement infiltrée par le Viet Minh, la suite est facile à comprenre…    

 

Le 17 janvier 1950, l’Assemblée nationale met la question, pour la première fois, à son ordre du jour. Georges Bidault, devenu entre temps président du Conseil, mais qui est bien obligé d’endosser la responsabilité de la gestion de la guerre d’indochine de ses prédécesseurs, présente des explications embarrassées : les politiques sont hors de cause, s’il y a des responsabilités, il faut les chercher du côté des généraux :

 

« Les fautes, quels que soient ceux qui les ont commises, ne seront ni défendues, ni couvertes. »

 

Georges Bidault, Assemblée nationale, 17 janvier 1950

 

Peu satisfaite, l’Assemblée adopte le principe d’une Commission parlementaire d’enquête, dont la direction est confiée au député MRP Eugène Delahoutre, et qui comprend, fait nouveau en cette période où les communistes étaient partout écartés, des représentants de tous les partis. Alors, par l’effet des enquêtes croisées des policiers, des parlementaires et des journalistes, les révélations se succèdent.  

 

Ce scandale apporta des arguments aux deux pôles de l’opposition à la politique des gouvernements. 

 

Dans l’hebdomadaire colonialiste Carrefour, Pascal Pia entame une campagne. Le RPF gaulliste, alors à l’apogée de sa puissance, y voit une confirmation de la thèse du coup de poignard dans le dos et de la faiblesse du régime pour y parer[16]. Jacques Soustelle, loin des engagegemnts d’extrême gauche de sa jeunesse, interroge, faussement crédule :

 

« Faites-vous la guerre en Indochine ? »

 

On imagine sa réponse ; en ces temps de jusu’auboutisme gaulliste en matière coloniale, il dénonce les tergiversations et hésitations de la IV è République :

 

« Le moment vient où le pays devra choisir entre le maintien de ce régime et le salut de l’Union française. »

 

Jacques Soustelle, Le Rassemblement, 25 novembre 1950

 

À l’opposé de l’échiquier, les communistes entament une de leurs plus violentes campagnes, trop heurreux de trouver là confirmation de leur condamnation de la sale guerre, réactivant un vieux mot du scandale de Panama, chéquards, allusion au carnet de chèques de Van Co. Le 27 janvier 1950, c’est la députée Jeannette Vermeersch qui défend les opinions de son groupe devant l’Assemblée nationale. Des quolibets, qui se transforment vite en injures – on passa tout près d’une bagarre généralisée – sont échangés[17]. Ce fut l’un des débats les plus violents de l’histoire de cette République. 

 

Mais le grand accusateur, côté communiste, a nom Maurice Kriegel-Valrimont, le député membre de la commission parlementaire d’enquête. Connaissant parfaitement ses dossiers, harcelant de questions précises les personnaliés auditionnées, refusant les faux-fuyants, il entreprit, de plus, de livrer chaque jour aux lecteurs de L’Humanité le contenu des séances, sous le titre général « Les mains sales » :

 

« À partir d’aujourd’hui, je dirai tous les jours la vérité que je sais sur les chéquards, les banqueteurs et les trafiquants. Je dirai la stricte vérité sur Van Co, Peyré, Queuille, Ramadier, Moch, Revers, Mast[18]… »

 

Maurice Kriegel-Valrimont, L’Humanité, 8 février 1950[19]

 

L’enlisement

 

Durant toute l’année, l’enquête parlementaire avance. 159 témoins sont interrogés, dont les principaux protagonistes, Revers, Mast, Van Co (mais, on l’a vu, pas Peyré), des hommes politiques dont le nom avait figuré sur les talons des  chèques du responsable vietnamien… Le Rapport complet est un monument par ses dimensions[20]. Mais l’impression est que la vérité a eu bien du mal à se frayer un chemin. La commission prononce finalement un non-lieu. La justice n’interviendra donc pas. Seuls les généraux Revers et Mast seront sanctionnés, mais seulement administrativement (une mise à la retraite d’office).  

 

Aux sources du malaise de l’armée

 

Jean Planchais, le spécialiste, au Monde, des questions militaires, reprit dans un ouvrage une formule qui courait alors sous d’autres plumes : le malaise de l’armée[21]. L’auteur, en pleine guerre d’Algérie, et à la veille d’un premier coup de force des officiers contre le gouvernement (le livre parut en février 1958), situait l’origine de ce malaise dans la guerre d’Indochine, les piétinements et échecs sur place, mais aussi la série de scandales en métropole. Le premier d’entre eux, chronologiquement, fut l’affaire des Généraux. Nul doute que ce douloureux épisode, où la corruption et l’incompétence d’une grande partie des élites politiques et militaires éclata au grand jour, au moment où des milliers de soldats tombaient dans les rizières, fut pour beaucoup dans cette situation.

 

Comme l’avait affirmé l’éternellement irrévérencieux Canard, mettant en scène deux généraux (Revers et Mast ?) furieux :

 

« Ces civils, ça cherche toujours à porter atteinte à l’immoral de l’armée ! »

 

Es Caro, Le Canard enchaîné, 15 février 1950

 

La commission parlementaire d’enquête remit son rapport le 28 juillet 1950, mettant un terme à la phase juridique de l’affaire. Mais les faits se chargèrent de rappeler aux responsables français, politiques et militaires, que la guerre d’Indochine, elle, était toujours présente : un mois plus tard, le commandement français ordonnait l’évacuation en catastrophe de Cao Bang, elle-même prélude à la catastrophique bataille des frontières… 

 

 



[1] Voir cette entrée

[2] Cité par Georgette Elgey, o.c.

[3] « La double figure de Roger Peyré », Le Monde, 20 janvier 1950

[4] Avoir toujours raison… c’est un grand tort, Mémoires, Paris, Plon, 1982

[5] Lettre en date du 2 avril 1949, in « Chronologie de l’affaire des généraux », L’Année politique, année 1950, Paris, Éd. du Grand Siècle, 1951

[6] Pourquoi la Cochinchine doit retoiurner à la patrie vietnamienne ?, Paris, Éd. Jean Vitiano, 1949 ; Un peuple qui renaît. Le Viet Nam devant les problèmes de l’indépendance, Paris, Éd. Jean Vitiano, 1950

[7] Déposition devant la Commission parlementaire d’enquête, 4 mars 1950, Le Monde, 5-6 mars

[8] Déposition, 2 octobre 1953, in Raymond Mondon & al., Rapport au nom de la Commission chargée d’enquêter sur le trafic des piastres indochinoises, Assemblée nationale, Annexe au procès-verbal de la séance du 17 juin 1954, Annexe II (dépositions), n° 8681

[9] Selon l’expression de Roger Wybot, cité par Philippe Bernert, o.c.

[10] Le Monde, 13 octobre 1950, art. cité

[11] Mon Septennat, Paris, Gallimard, 1970

[12] Georgette Elgey, o.c.

[13] Le Monde, 19 janvier 1950

[14] « L’affaire, c’est la guerre d’Indochine », L’Observateur, 13 avril 1950

[15] Voir la Chronologie et le rapport parlementaire de la commission dite Duveau, tous deux publiés par L’Année politique

[16] « Le rapport Revers divulgué constituait un secret de la Défense nationale », Le Rassemblement  (hebdomadaire du RPF), 13 mai 1950

[17] « Le débat sur l’Indochine a été marqué par des incidents d’une violence inouïe », Le Monde, 28-29 janvier

[18] Suivaient d’autres noms encore

[19] Début de la série le 8 février 1950, pratiquement à raison d’un article par jour

[20] Rapport fait au nom de la commission chargée d’enquêter sur les faits relatés par M. le président du Conseil* dans sa déclaration du 17 janvier 1950, par M. Delahoutre, député. Annexe au procès-verbal de la séance du 28 juillet 1950, Assemblée nationale, 1 ère législature, session de 1950, n° 10795, 6 vol., 2832 p. 

* Georges Bidault

[21] Paris, Éd. Plon, Coll. Tribune Libre

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