BATAILLE de Dien Bien Phu, 1954

Par Alain Ruscio, le 09 mai 2014

 

 

 

 

BATAILLE de Dien Bien Phu, 1954

Alain Ruscio

Voir églement les entrées :

 

* Dien Bien Phu (avant la bataille)

* Guerre d’Indochine, 1945-1954

* Opération Vautour

* Viet Minh

Bibliographie

 

Général Henri Navarre, Agonie de l’Indochine (1953-1954), Paris, Plon, 1956 ; Joseph Laniel, Le drame indochinois. De Dien Bien Phu au pari de Genève, Paris, Plon, 1957 ; général Vo Nguyen Giap, Une vie, propos recueillis par Alain Ruscio, Paris, Éd. Les Indes Savantes, 2011

 

Général Georges Catroux, Deux actes du drame indochinois. Hanoi, 1940, Dien Bien Phu, 1954, Paris, Plon, 1959 ; colonel Pierre Langlais, Dien Bien Phu, Paris, France-Empire, 1963 ; Jules Roy, La bataille de Dien Bien Phu, Paris, Julliard, 1963 ; colonel Pierre Rocolle, Pourquoi Dien Bien Phu ?, Paris, Flammarion, 1968 ; Alain Ruscio (dir.), La guerre française d’Indochine (1945-1954). Les sources de la connaissance. Bibliographie, Filmographie, Documents divers, Paris, Éd. Les Indes Savantes, 2002 ; Pierre Journoud & Hugues Tertrais, Paroles de Dien Bien Phu. Les survivants témoignent, Paris, Tallandier, 2004 ; Alain Ruscio & Serge Tignères : Dien Bien Phu. Mythes et réalités, 1954-2004. Cinquante ans de passions françaises, Paris, Éd. Les Indes Savantes, 2005 ; Dien Bien Phu vu d’en face. Paroles de Bo Doi, Paris, Nouveau Monde Éd., 2010

 

Données de base

 

Dans l’histoire multiséculaire de l’expansion européenne dans le monde, les cas de victoires militaires d’un peuple de couleur contre un peuple blanc sont rarissimes. C’est pourquoi la victoire vietnamienne de Dien Bien Phu, le 7 mai 1954, après l’une des plus épouvantables batailles du siècle, possède un caractère spécifique.

 

Elle marqua la fin d’une des premières guerres de décolonisation, qui vit le départ de la France, après un siècle de présence[1] et, de ce fait, le glas d’une forme de domination de l’Occident sur le reste du monde. A contrario, Dien Bien Phu est devenu, pour le Viêt Nam mais aussi pour tous les peuples naguère colonisés, un symbole, le « 14 juillet de la décolonisation » (Jean Pouget[2]), le « Valmy des peuples colonisés » (Ferhat Abbas[3]).

 

Le Plan Letourneau-Navarre[4]

 

Mille neuf cent cinquante trois. C'est l’enlisement. Depuis huit années, une partie de l'armée française mène une guerre qui paraît de plus en plus sans espoir à 12.000 kilomètres de la métropole. En France, l'opinion est ballottée entre l'indifférence et l'exaspération.

 

Sur le terrain, la lassitude est grande. Après l'espoir d'un redressement spectaculaire, sous le règne du roi Jean[5], le Corps expéditionnaire voit ses positions s'effriter.

 

Aux États-Unis, en janvier 1953, une nouvelle administration, républicaine (Eisenhower), parvient au pouvoir. Les Américains s’irritent de plus en plus du piétinement du CEF, d’autant qu’ils financent désormais plus de la moitié du budget français consacré à cette guerre. Washington fait clairement comprendre à Paris qu’ « un plan clair pour mettre fin aux hostilités en Indochine » doit être présenté « dans un délai raisonnable »[6]. En mars, un plan « plus agressif »[7] est mis au point par le ministre français des États associés, Jean Letourneau, et accepté par Washington. Pour que les choses soient claires, Radford désigne simultanément le général O’Daniel pour partir en Indochine.

 

Pour mettre en place cette nouvelle politique, le gouvernement français (René Mayer) remplace à la tête du CEF le général Raoul Salan par le général Henri Navarre. Il est le huitième commandant en chef en 9 ans. En face, depuis le premier jour, un seul homme : Vo Nguyen Giap.

 

Cette nomination survient le 8 mai. Tragique rictus de l’Histoire : un an plus tard (précisément le 7 mai) tombera Dien Bien Phu…

 

Navarre est brillant, mais totalement ignorant des réalités indochinoises. Justement, rétorquent les partisans de cette solution, c’est un bon point : un regard neuf s’imposait. En tout cas, René Mayer ne cache pas à Navarre la situation réelle. Celle‑ci est « très mauvaise » ; le rôle du nouveau promu sera de chercher une « sortie honorable »[8]. Mais on lui laisse entendre également que la IV è République n’abandonnera pas ses alliés dans la région et que le CEFEO devra protéger le jeune État laotien francophile.

 

Un mois plus tard, le nouveau Commandant en chef remet au gouvernement un document contenant une analyse de la situation et une série de propositions, sous forme de calendrier. Moyennant des restrictions quant aux moyens mis à la disposition du Corps expéditionnaire, les autorités civiles acceptent ce programme qui va vite devenir, pour la presse et les divers spécialistes, le plan Navarre. En fait, pour être fidèle à la réalité, il faudrait écrire le plan Letourneau (partie politique) / Navarre (partie militaire), à co-paternité américaine. L’opération Dien Bien Phu elle-même peut à bon droit être qualifiée de franco-américaine. C’était « exactement le genre d’opération prôné par les Américains ». O’Daniel se rendit à Dien Bien Phu et « déclara à Navarre que d’autres réussites du même genre représenteraitent une solution définitive du problème de la guerre »[9]. Bien plus tard, Navarre écrira que ce même O’Daniel « cherchait à imposer ses vues dans tous les domaines », que les « pressions américaines » prenaient le caractère de « mise en demeure (…) déplaisantes »[10].

 

Que disait ce plan ?

 

Dans un premier temps (campagne 1953‑1954), il se pro­posait de contenir l'adversaire. Une politique de rigueur dans la disposition des troupes devait permettre de mettre fin à l'émiettement : regroupement du Corps expéditionnaire dans des zones jugées stratégiques, les autres étant confiées à l'armée Bao Dai, cette dernière devant être impérativement renforcée, devenir capable de tenir des secteurs entiers du front anti-Viet Minh. Lors de la campagne de l'année suivante (1954‑1955), Navarre pensait pouvoir reprendre l'offensive en partant de ces zones pacifiées, désormais sûres. Alors, la France pourrait envisager de négocier en position de force. Il est juste de dire que Navarre lui‑méme n'a jamais parlé de victoire totale, mais simplement d'une amélioration nette de la carte de guerre française. Dans son premier ordre du jour aux soldats et officiers du CEF, repris par la presse, il écrit :

 

« À la guerre, c’est une faute grave de sous-estimer son adversaire (…) mais il serait ridicule de le surestimer (…). Le bilan nous est favorable, logiquement la victoire est certaine. Mais la victoire est une femme qui se donne à ceux qui savent la prendre. »

 

Général Henri Navarre, Ordre du jour, juin 1953[11]

 

L’initiative française et l’optimisme quasi général

 

C’est début novembre 1953 que le choix de Navarre, après consultation de son État-major (dont Cogny, commandant au Tonkin) porte son choix sur un principe : barrer la route du Laos au Viet Minh ; une méthode : garder solidement un point de fixation, et sur un lieu : Dien Bien Phu.

 

Il a souvent été écrit que ce site était une cuvette. Le mot ajoute une touche supplémentaire au portrait d’un Navarre incapable, à la limite de l’imbécillité. Mais cela n’est vrai que si l’on adopte une certaine échelle. Comme l’avaient déjà écrit des observateurs de l’époque coloniale, pour qui était sur place, c’était avant tout une vaste plaine. Mot repris par Navarre, dans son livre-plaidoyer :

 

« Le fond est une véritable plaine de 16 km sur 9, plate, découverte, permettant dans d’excellentes conditions l’emploi des blindés. Les grtandes crêtes qui la dominent sont à une distance de 10 à 12 km du terrain d’aviation autour duquel sera établi le camp retranché. »

 

Général Navarre, Agonie de l’Indochine, 1956[12]

 

Description confirmée par Robert Guillain, du Monde, l’un des meilleurs observateurs de l’époque : « stade immense, de 20 km au moins dans sa longueur, de 7 à 8 par le travers »[13].

 

Le 2 novembre 1953, Navarre ordonne à Cogny, son subordonné au Tonkin, de prendre toutes mesures nécessaires pour une vaste opération aéroportée sur cette plaine, à partir du 15 novembre. Le 4 de ce mois ont lieu de premiers vols de reconnaissance, avec épandages de napalm[14]. Le 20, à 7 h. 15, le premier Dakota décolle de Hanoi. L’opération Castor commence. Dans la matinée, deux bataillons de parachutistes, menés par deux baroudeurs de légende, Bigeard et Bréchignac, sont largués, en reconnaissance, de part et d'autre de la rivière Nam Youn. Immédiatement ont lieu des opérations de nettoyage du terrain : de premiers accrochages avec des éléments Viet Minh locaux font des morts ; puis toute végétation est détruite, on creuse des tranchées, on édifie des blockhaus, on entoure la place forte de rangées de protection (explosifs, barbelés). La construction d'une piste d'atterrissage est tout de suite entreprise et le premier avion peut se poser dès le 22. En quelques jours, les soldats du Corps expéditionnaire ont fait surgir un immense camp retranché là où il n'y avait que des villages entourés de rizières. Par la suite seront parachutées ou envoyées par avion d'autres forces. En décembre, 12 bataillons tiennent solidement la cuvette. Leur puissance de feu est impressionnante : 6 batteries de 105, 1 batterie de 155, 2 compagnies de mortiers et 2 pelotons de blindés. Deux compagnies du Génie s'affairent d'autre part à édifier un système puissant, d'une ampleur sans précédent depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

 

Le ton est à un optimisme sans bornes. Les officiers français donnent l’exemple, comme le commandant en chef du secteur nord du Viêt Nam :

 

« Le Commandement français est sûr d'infliger une sévère défaite au Viet Minh à Dien Bien Phu. Nous nous attendons à des combats durs et longs. Nous gagnerons »

 

Général Cogny, Le Figaro, 13 janvier 1954

 

Ou le commandant du camp retranché :

 

« Notre problème, c’est de faire descendre le Viet-minh dans la cuvette. S’il descend, il est à nous. »

 

Général de Castries, Le Monde, 14 février 1954

 

« J'ai une confiance absolue en ce qui concerne l'issue de la bataille. »

 

Général de Castries, L’Aurore, 3 avril 1954

 

Pourquoi les politiciens et les journalistes douteraient-ils ? Fin 1953-début 1954, il y a une quasi unanimité pour louer les choix de Navarre. Diverses personnalités effectuent le voyage : des membres du gouvernement français (René Pleven, Marc Jacquet, Pierre de Chevigné), des officiers supérieurs en grand nombre (généraux Blanc, Bodet, Pennachioni, amiral Auboynneau), des personnalités alliées (le vice-président US Richard Nixon, le général O’Daniel, plus haute autorité américaine en Indochine, Malcom Mac Donald, haut commissaire britannique pour le Sud-est asiatique)…

 

Dès le lendemain de l’opération, une partie de la presse pavoise :

 

« Indochine : ruée de parachutistes sur Dien Bien Phu. »

 

France-Soir, 22-23 novembre 1953

 

Son envoyé spécial justifie ce premier titre triomphaliste :

 

« Fébrilement, les franco‑vietnamiens établissent des pontons de défense en prévision d'une éventuelle attaque du Viet Minh. Et surtout ils améliorent les pistes d'atterrissage sur lesquelles les avions continuent à se poser sans cesse. Sans arrêt, le bulldozer parachuté hier met en état l'aérodrome, véritable poumon de notre position »

 

Lucien Bodard, France-Soir, 22‑23 novembre 1953

 

« Nouveau coup de boutoir de Navarre contre les Viets : des milliers de parachutistes s'emparent de Dien Bien Phu, en pays Thaï, à 290 km d'Hanoi. L'Armée française confirme en Indochine la valeur de ses troupes et l’autorité de ses chefs »

 

L’Aurore, 23 novembre 1953

 

La lecture de la presse de ces journées est, a posteriori, consternante :

 

« Les Viets renoncent à l’assaut de Dien Bien Phu. »

 

L’Aurore, 29 janvier 1954

 

« On ne croit plus généralement que Dien Bien Phu puisse tomber »

 

Lucien Bodard, France‑Soir, 6 avril 1954

 

Seuls, alors, critiquèrent – non publiquement, évidemment – la stratégie adoptée : le général Blanc, chef d’état-major de l’armée de terre, et son alter ego de l’arlée de l’air, le général Fay.

 

Publiquement, la presse de gauche (L’Observateur) et d’extrême gauche (L’Humanité) émet de vives critiques. Mais, en cette période dfe guerre froide où chaque périodique est partisan, ils sont traités par le mépris ou le silence.

 

Comment réagirent les dirigeants vietnamiens ? On peut lire ces lignes du principal décideur militaire :

 

« Le 20 novembre, nous étions au second jour d’une conférence nationale des principaux dirigeants militaires, à Dong Dau, dans la province de Thai Nguyen. Nous avons été informés de l’opération. Nous avons immédiatement consulté le Bureau politique du Parti. Et voici ce que nous avions conclu, dès le 23 novembre, trois jours après l’initiative française : “Le parachutage ne change rien à nos prévisions stratégiques. Elle est la preuve que l’ennemi est toujours réduit à la défensive. La situation nous est toujours, pour l’essentiel, favorable“. Nous avons minutieusement étudié la situation. L’ABC d’une lutte de libération nationale est de n’engager le combat qu’avec la certitude d’emporter la victoire dans chaque bataille ponctuelle. A Dien Bien Phu, c’était le cas. Nous avons donc rappelé certaines unités, qui étaient engagées au nord-ouest, afin de commencer l’encerclement du camp. Moi-même, je suis parti là bas, précisément le 5 janvier 1954. Avant de partir, j’ai rencontré, une fois de plus, le Président Ho. Il m’a dit : “Avant toute initiative, discutez avec le comité du Parti, discutez avec les camarades chinois[15], puis prenez les décisions. N’attaquez que lorsque vous êtes sûr de la victoire. Dans le cas contraire, abstenez-vous. Vous avez les pleins pouvoirs“. »

 

Général Vo Nguyen Giap, Une Vie, 2011[16]

 

Le choc

 

Pendant plusieurs mois, il ne se passe pas grand chose de spectaculaire, sur le terrain. Lorsque le gros des forces Viet Minh, qui paraissait vouloir s’emparer du nord-Laos, décide de rebrousser chemin, on comprend que l'assaut aura bien lieu. Il allait y avoir du sport (selon une expression habituelle de Cogny), mais les chefs du Corps expéditionnaire réalisaient enfin leur rêve : affronter les Viets en face à face.

 

Aussi est-ce une stupeur sans bornes lorsqu'en deux nuits (13 au 14 mars, puis 14 au 15), le Viet Minh enlève, non sans de furieux combats, les points d'appui Gabrielle et Béatrice. Le colonel Piroth, responsable de l'artillerie du camp, s'apercevant qu'il a gravement sous‑estimé l'adversaire, se suicide. Dès le 15 mars au soir, le général Navarre, quant à lui, confie à un de ses amis :

 

« Soyons sans illusions : c'est perdu. je voudrais bien que les Viets ne recommencent pas ce soir. Il va falloir trouver autre chose »

 

Général Navarre, Déclaration, 15 mars 1954[17]

 

Le 16, il envoie un télégramme à Paris dans lequel il évoque déjà une possible défaite Comme au moment de la Bataille des frontières[18], en 1950, bien des cadres du Corps expéditionnaire passent d'un extrême à l'autre, d'une confiance illimitée à un abattement presque total. Les revers, cependant, se poursuivent. Les 16 et 17 mars, le point d'appui Anne‑Marie est perdu quasiment sans combats. Tenu essentiellement par des bataillons Thaïs, habilement attirés par la propagande Viet Minh, il est déserté par ses défenseurs.

 

Après ces trois succès spectaculaires, un long travail de sape commence. Les combattants Viet Minh creusent des tranchées, qui les amènent presque au contact de leurs adversaires puis, par des assauts massifs appuyés par des tirs d'artillerie, enlèvent les positions françaises. Facteur essentiel d'aggravation, la piste d'atterrissage est menacée dès le début des combats. De ce fait, le pont aérien, véritable cordon ombilical du camp, devient chaque jour plus périlleux. A la fin mars, tout est consommé : plus aucun avion ne peut atterir ou décoller de Dien Bien Phu. Le sort du camp est dès lors suspendu à la précision et à l'intensité des parachutages. Or, celles‑ci laissent à désirer, la DCA Viet Minh obligeant les avions français à conserver une certaine altitude.

 

La seconde grande vague d'assaut a lieu à la charnière des mois de mars et d'avril. Plusieurs autres points d'appui, à l'est du camp, passent entre les mains Viet Minh. Puis vient, courant avril, une nouvelle pause. Dans certains endroits, les adversaires, protégés par des tranchées ou des abris de fortune, ne sont éloignés les uns des autres que de quelques dizaines de mètres.

 

À la conférence de Genève, les négociateurs s'apprêtent à entamer les travaux consacrés à la Corée. L’Indochine est programmée pour début mai. A Paris un ministère Laniel en sursis tente de faire face aux protestations mutiples qui vont désormais bien au delà des rangs de la gauche communiste ou des quelques compagnons de route. À Dien Bien Phu, les combattants s'apprêtent à livrer l'ultime combat...

 

Le ton des commentateurs français ne peut plus dès lors être le même. On passe insensiblement d’un optimisme, fruit d’un certain complexe de supériorité, à une exaltation de l’héroïsme de nos combattants, afin de préparer l’opinion à une défaite devenue inévitable :

 

« Depuis 120 heures, accrochés à leurs points d'appui, au milieu de la poussière et de la fumée des incendies, dans le fracas des explosions, ces hommes résistent magnifiquement aux furieux assauts d'un ennemi cinq fois supérieur en nombre. Malgré la fatigue, l'insomnie, la chaleur, ils tiennent dans leurs tranchées, aux créneaux de leurs postes, les mains crispées sur leurs armes ».

 

Jean-Marie Garraud, Le Figaro, 5 avril 1954

 

La véritable bataille de tranchées incite à une prolifération des comparaisons avec la Première guerre mondiale : « Verdun de la brousse »[19]… « Verdun tropical »[20]… « Verdun de la jungle » (Jules Romains)[21]

 

Légende de l’une des plus célèbres Unes de l’histoire de la presse française (sous la photo d’une homme, le masque tiré, le visage maculé de boue, mais fixant l’horizon) :

 

« Dans l'enfer de Dien Bien Phu, le dernier carré des défenseurs vit sous terre. Des salles d'hôpital ont été aménagées dans les abris pour les blessés. Ce lieutenant, blessé lui même, qui émerge d'un boyau encadré de sacs de terre, est l'un des héros du général de Castries, dont le monde libre a suivi, bouleversé, pendant un mois et demi, l'épopée dramatique. »

 

Paris Match, 1 er mai 1954

 

Une semaine plus tard, tout est fini. Les Bo Doi ont investi la totalité du camp. 

 

« Dien Bien Phu est tombé. La nouvelle est arrivée à Hanoi vers 18 heures. Mme de Castries a été une des premières personnes informées et dès ce moment a refusé de recevoir tout journaliste. C’est à 17 heures, vendredi, que la dernière conversation a eu lieu par radio-téléphone entre le général de Castries et le général ­Cogny. Dialogue simple, poignant,  entre deux chefs qui sont des “durs“, étrangers à toute effusion. Christian de Castries a appelé lui-même Cogny :

      Mon général, situation grave, combats confus partout. Je sens que la fin approche. Nous nous battrons jusqu'au bout.

      Bien compris, bien compris, vous lutterez jusqu'au bout, a répondu Cogny. Pas question de hisser le drapeau blanc, n'est-ce pas ?

      Non, a répondu de Castries, nous détruirons les canons, le matériel et les postes de radio-télèphone à  17 h. 30.

Un simple mot de Cogny : 

      Merci !

Et le commandant du camp retranché d'ajouter :

      Nous nous battrons jusqu'au bout. Au revoir, mon général. Vive Ia France!

Ce fut tout. Et pourtant, quelques minutes avant l'heure prévue pour la destruction du Poste, le sous-officier de Transmissions Millien, qui assurait la liaison Radio- Téléphone entre le camp retranché et le PC d'Hanoi, put donner quelques derniers renseignements sur la situation :

      Les Viets sont à sept mètres du PC. En ce moment, les explosions de grenades se multiplient,  se rapprochent. Dans le PC, les officiers, le général, sont aussi calmes, détendus qu'à la manœuvre. Dans quelques minutes, nous allons cesser tout contact. Les combats continuent. C’est désormais du corps à corps,  à coups de crosse de baïonnettes, de couteaux. Les Viets sont partout, submergeant tout. Il ne me reste que quelques secondes... Terminé. »

 

Joël Le Tac, Paris Match, 15 mai 1954

 

La presse favorable à la guerre n’a plus que l’exaltation du courage de nos soldats à proposer à ses lecteurs :

 

« La France fière de ses soldats. La chute de Dien Bien Phu, dont les défenseurs (à court de munitions) ont été submergés, dramatiquement accueillie dans le monde entier. »

 

L’Aurore, 8 mai 1954

 

« Autour du général de Castries, 15.000 héros ont écrit avec leur sang une impérissable page de gloire. »

 

France-Soir, 9 mai 1954

 

… avec une esquisse de mea culpa :

 

« Les combattants de Dien Bien Phu sont morts parce que nous nous sommes mentis à nous-mêmes. Ils sont morts parce que nous n’avons pas su faire cette guerre, parce que nous n’avons su ni la vouloir, ni la refuser, parce que nous n’avons pas su mesurer l’épreuve, ni en prévoir les conséquences, ni la situer dès l’abord sur le plan mondial. »

 

Pierre Brisson, Le Figaro, 8 mai 1954[22]

 

L’armée populaire vietnamienne avait perdu de l’ordre de 8.000 hommes[23].

 

Le bilan, pour l’armée française, était accablant[24]. Elle avait perdu 1.747 tués[25], auxquels il faut ajouter 2.888 disparus (prisonniers avant le 7 mai, déserteurs). Au 7 mai 1954, l'effectif de la garnison était de 11.721, dont 4.436 blessés. Parmi ceux-ci, 858, jugés graves, furent évacués par la Croix Rouge, avec l'accord Viet Minh. Il resta donc 10.863 prisonniers[26], parmi lesquels le général de Castries, commandant du camp, des officiers de prestige, Bigeard, Langlais, Pouget…

 

Quantitativement, le Corps expéditionnaire disposait encore de réserves. Mais ses effectifs d’élite avaient été étrillés, le moral, partout ailleurs, était au plus bas. L’armée Bao Dai, sur laquelle les officiels français disaient encore quelques mois plus tôt pouvoir compter, était liquéfiée.

 

Quoi qu’aient pu écrire certains, plus tard, dans un but de réhabilitation, Dien Bien Phu a bien marqué le glas de l’armée française en Indochine.

 

Le 4 avril – donc, un mois avant la chute – Robert Guillain décrit, dans Le Monde, une carte connue de tout l’état-major :  

 

« En rouge, les zones Viet ; en blanc, les zones où une administration vietnamienne[27] a pu être installée ; en rose les régions douteuses. Quiconque voit cette carte reçoit un choc : elle est presque entièrement rouge ( ... ). Le document est d'un aspect si malsain, il ressemble si bien à l'image cent fois agrandie d'un tissu rongé par la maladie, qu'on ne saurait s'étonner du surnom sous lequel il est connu : on l'appelle la carte vérole. »

 

Robert Guillain, Le Monde, 4 avril 1954[28]

 

Le Corps expéditionnaire ne tient plus, réellement, dès lors, dans l'ancien Tonkin, que Hanoi, Haiphong et, quelques heures par jour, la route qui relie ces deux villes. Au centre, une grande partie du territoire est depuis plus longtemps encore, sous contrôle Viet Minh. Là où le Corps expéditionnaire tente de manœuvrer, il subit de graves revers. Par contre, l'ex‑Cochinchine, malgré une guérilla active du Viet Minh et, surtout, le Cambodge et une partie du Laos laissent quelque répit au Corps expéditionnaire et aux armées nationalistes qui lui sont liées. Mais pour combien de temps, si la dégradation se poursuit à ce rythme ? Si les résultats de la Conférence de Genève avaient dû entériner un rapport de forces militaires, nul doute qu’une coupure plus au sud aurait mieux reflété la réalité. En bref, le Corps expéditionnaire « usé, éreinté, à court de moyens » (Robert Guillain, Le Monde, 7 mai[29]) risquait, à plus ou moins court terme, un « Dien Bien Phu amplifié » (Raymond Aron, Le Figaro, 21 mai[30]).

 

Côté vietnamien, pourtant, c’était le réalisme qui l’emportait. Ho Chi Minh et ses camarades savaient parfaitement que, après le désastre subi sur le terrain par leurs adversaires, d’autres combats, diplomatiques, les attendaient. Et qu’ils risquaient d’être souvent difficiles…

 

« Notre victoire est éclatante, mais n’est pas définitive. Nous ne devons pas nous enorgueillir de nos succès, ni nous montrer subjectifs en sous-estimant l’ennemi. Nous menons avec détermination la résistance pour recouvrer l’indépendance, l’unité, la démocratie et la paix. Que ce soit par les armes ou par la diplomatie, nous devons mener une lutte longue et âpre pour arriver à une victoire complète. »

 

Ho Chi Minh, Message de Félicitations, 8 mai 1954[31]

 

Pour les colonisés : Valmy

 

On imagine mal le retentissement que put avoir cet événement dans le monde colonisé ou dominé, en particulier dans l’outre-mer français : les colonialistes avaient été vaincus, une armée régulière défaite. S’il était évidemment hors de question d’organiser des manifestations publiques, les indigènes envoyèrent des signes. 

 

Dans un mouvement national algérien déjà chauffé à blanc par l’écho des affrontements entre armée française et fellaghas[32] tunisiens, Dien Bien Phu fut considérée comme une victoire. Et bien au delà, dans l’opinion musulmane : le directeur de la Sécurité générale d’alors, Jean Vaujour, évoque dans ses souvenirs une « explosion de joie » jusque dans « les douars algériens les plus reculés »[33].

 

Le 7 mai au soir, un militant nationaliste malien, qui fait alors ses études en France, assistant à un spectacle, rapporte qu’il refusa de se lever, lors d’un hommage plus ou moins piloté par un officiel, ce qui lui valut force réprimandes[34]. Le 11 mai, quatre jours après la défaite, le député gaulliste Christian Fouchet, outré, révèle que plusieurs Français du Maroc ont reçu des lettres anonymes annonçant :

 

« D’un bout à l’autre de l’Union française, une sourde rumeur met la crainte dans le cœur des uns et fait se dresser les autres. Savez-vous que, dans les boîtes aux lettres de Casablanca, certains Français trouvent de petites cartes postales sur lesquelles il est écrit : “Casablanca le Dien Bien Phu des français“ ? »

 

Christian Fouchet, Assemblée nationale, 11 mai 1954

 

En Tunisie, la victoire est également célébrée dans les quartiers populaires où l’on sert un plat spécialement conçu à cette occasion, appelé tagine Dien Bien Phu ![35]

 

Un peu plus de trois mois après Genève (les Cent jours de l’Empire colonial) éclate l’insurrection algérienne de la Toussaint. 

 

Les Algériens y firent référence : « La voie de Dien Bien Phu » titre ainsi le Bulletin d’information de la Fédération de France du FLN en 1956[36].

 

Les autres colonisés, observant les combats d’Algérie, faisaient régulièrement référence à la bataille :

 

« En dehors de l’indépendance, il n’existe aucune solution valable pour l’Algérie et, si la France s’obstine dans son attitude, c’est non seulement un nouveau Dien Bien Phu qui se prépare, mais c’est son propre destin qui se joue. »

 

L’Essor, Bamako, 19 décembre 1960[37]

 

Des années plus tard, le premier président du Gouvernement algérien (GPRA) se souvenait :

 

« Dien Bien Phu ne fut pas seulement une victoire militaire. Cette bataille reste un symbole. Elle est le “Valmy“ des peuples colonisés. C’est l’affirmation de l’homme asiatique et africain face à l’homme de l’Europe. C’est la confirmation des droits de l’homme à l’échelle universelle. A Dien Bien Phu, la France a perdu la seule “légitimation“ de sa présence, c’est-à-dire le droit du plus fort. »

 

Ferhat Abbas, La nuit coloniale, 1962[38]

 

Ou un autre cadre de ce mouvement de libération nationale :

 

« Le 7 mai 1954, l’armée d’Ho Chi Minh inflige au corps expéditionnaire français au Vietnam l’humiliant désastre de Dien Bien Phu. Cette défaite de la France agit en puissant détonateur sur tous ceux qui pensent que l’option de l’insurrection à court terme est désormais l’unique remède, la seule stratégie possible (…). L’action directe prend le pas sur toutes les autres considérations et devient la priorité des priorités. »

 

Ben Youssef Ben Kheda, Les origines du 1er novembre 1954, 1989[39]

 

Frantz Fanon consacra à l’événement ces lignes :

 

« La grande victoire du peuple vietnamien à Dien Bien Phu n’est plus, à trictement parler, une victoire vietnamienne. À partir de juillet 1954, le problème que se sont posés les peuples coloniaux a été le suivant : “Que faut-il faire pour réaliser un Dien Bien Phu ? Comment s’y prendre ?“. De la possibilité de ce Dien Bien Phu, aucun colonisé ne pouvait plus douter. Ce qui faisait le problème, c’était l’aménagement des forces, leur organisation, leur date d’entrée en action. »

 

Mais l’auteur va plus loin. Pour lui, la victoire vietnamienne a été la cause directe, presque immédiate, du changement de comportement des colonialistes.

 

« Cette violence ambiante ne modifie pas les seuls colonisés mais également les colonialistes qui prennent conscience de Dien Bien Phu multiples. C’est pourquoi une véritable panique ordonnée va s’emparer des gouvernements colonialistes. Leur propos est de prendre les devants, de tourner à droite le mouvement de libération, de désarmer le peuple : vite, décolonisons. Décolonisons le Congo avant qu’il ne se transforme en Algérie. Votons la loi-cadre pour l’Afrique, créons la Communauté, rénovons cette Communauté mais, je vous en conjure, décolonisons, décolonisons… On décolonise à une telle allure qu’on impose l’indépendance à Houphouët-Boigny. À la stratégie du Dien Bien Phu, définie par le décolonisé, le colonialisme répond par la stratégie de l’encadrement… dans le respect de la souveraineté des États. »

 

Frantz Fanon, Les damnés de la terre, 1961[40]

 

Pour l’Occident : un spectre

 

Pour bien des Français, a contrario, l’image de la capitulation du 7 mai 1954 est devenue une hantise. Dès qu’un territoire français fut en danger face aux nationalistes, le nom revint.

 

Ce fut évidemment le cas en Algérie.

 

Le grand spécialiste de ce type de rapprochement fut le ministre résidant, Robert Lacoste[41]. Recevant de façon informelle des émissaitres algériens, il leur dit :

 

« Si vous croyez que, parce qua la France a connu un Bien Phu, elle courra allègrement au devant d’un deuxième, vous vous trompez singulièrement. »

 

Robert Lacoste, Déclaration, Alger, mars 1956[42]

 

C’est ce même Lacoste qui lance une formule destinée à un certain succès, le Dien Bien Phu diplomatique :

 

« Je lutterai de toutes mes forces contre un nouveau Dien Bien Phu où sombrerait l’honneur de la France. »

 

Robert Lacoste, Déclaration, Périgueux, 30 avril 1958[43]

 

« Je ne veux pas d’un Dien Bien Phu diplomatique. Je lutterai de toutes mes forces contre une telle éventualité. »

 

Robert Lacoste, Déclaration, Périgueux, 11 mai 1958[44]

 

Le spectre devait hanter encore les esprits sous la V è République. Deux années plus tard, lors de la fameuse tournée des popotes, de Gaulle, qui tient à rassurer ses officiers, lâche :

 

« Rien de plus important que les opérations. Le problème algérien ne sera réglé qu’après la victoire des armes françaises (…). Il n’y aura pas de Dien Bien Phu en Algérie. »

 

Charles de Gaulle, Déclaration, mars 1960[45]

 

De Gaulle était suffisamment fin politique pour savoir que ces propos apparaîtraient publiquement peu de temps après. Ce qui se produisit.

 

Vers la fin de la guerre d’Algérie, un des nombreux groupements hostiles aux initiatives gaullistes traduit sa crainte par un :

 

« On s’achemine vers un Dien Bien Phu politique. »

 

Comité d’entente des mouvements nationaux, janvier 1960[46]

 

André Malraux, ministre du général de Gaulle, est chargé par ce dernier d’aller exposer aux Antilles et en Guyane les bienfaits de la constitution de la V è République, alors en gestation. Parmi ses arguments :

 

« Nous voulons une République qui ne soit pas une République de Dien Bien Phu. »

 

André Malraux, Discours, Basse-Terre, 17 septembre 1958[47]

 

En décembre 1960, les manifestations de rues, à Alger tout particulièrement, prouvent que la population a définitivement basculé du côté du nationalisme. L’armée tient certes encore le terrain et ne peut en aucun cas redouter un Dien Bien Phu militaire, mais l’expression qui est dans les têtes est : « Dien Bien Phu psychologique »[48].

 

On se doute que ce qui était crainte dans les milieux conservateurs était au contraire souhait chez les communistes. André Stil intitule un de ses éditoriaux :

 

« Vers un Dien Bien Phu nord-africain ? »

 

André Stil, L’Humanité, 22 avril 1958

 

Durant la phase américaine du conflit au Viêt Nam, les principaux observateurs avaient cette image en tête :  

 

« Un Dien Bien Phu américain ? »

 

Jean Lacouture, Le Nouvel Observateur, 29 mars 1971

 

« M. Nixon veut prévenir un Dien Bien Phu américain. »

 

Jean-Claude Pomonti, Le Monde, 9 mai 1972 

 

 

 



[1] Le premier bombardement de Tourane / Da Nang datait de 1856

[2] « Le mythe et la réalité », Le Figaro, 7 mai 1974

[3] Guerre et révolution d’Algérie. La nuit coloniale, Paris, Julliard, 1962

[4] Toutes les études n’évoquent que le plan Navarre. Nous employons cette expression au vu de la simple chronologie (voir infra)

[5] De Lattre de Tassigny, commandant en chef de décembre 1950 à sa mort, en janvier 1952

[6] « A Comprensive Plan for terminating the Indochinese hostilities within an acceptable period », Amiral Arthur Radford, From Pearl Harbour to Vietnam. The Memoirs of Admiral Arthur W. Radford, Stanford, California, Hoover Inst., Stanford Univ. Press, 1980 

[7] Id.

[8] Général Navarre, o.c.

[9] Irvin M. Wall, L’influence américaine sur la politique française, 1945-1954, Paris, Balland, 1989

[10] Id.

[11] Caravelle (hebdomadaire du Corps expéditionnaire), 22 juin

[12] O.c.

[13] « Week-end à Dien Bien Phu », 14 février 1954

[14] Adjudant Camille Acquarone, Témoignage, in Pierre Journoud & Hugues Tertrais, o.c.

[15] Durant plusieurs décennies, cette présence chinoise fut niée par les officiels vietnamiens

[16] O.c.

[17] Cité par Jules Roy, o.c.

[18] Voir cette entrée

[19] Paris Match, 10 avril

[20] Le Figaro, 15 avril

[21] L’Aurore, 6 mai

[22] « Le sacrifice », repris in Vingt ans de Figaro, 1938-1958, Paris, Gallimard, NRF, 1959

[23] Des chiffres officiels ne furent jamais publiés

[24] Tous ces chiffres d’après le Site Dien Bien Phu, animé par Maximilien Stemp

[25] Deux pilotes américains, dans des avions à cocarde française, furent abattus, sans doute les premiers morts américains de la nouvelle guerre qui prit le relais peu après

[26] On estime que 60 % d’entre eux décédèrent, soit lors de la marche entre Dien Bien Phu et le nord du Viêt Nam, où étaient les bases arrières du Viet Minh, soit dans les camps de prisonniers

[27] De Bao Dai

[28] « Péril sur le Tonkin »

[29] « Les erreurs et les malheurs de Dien Bien Phu »

[30] « Fascination du désastre »

[31] Félicitations envoyées à l’armée, aux participants du service du travail civique, aux jeunes volontaires et aux compatriotes du nord-ouest, à l’occasion de la victoire glorieuse de Dien Bien Phu, 8 mai 1954, in Œuvres choisies, Vol. II, Hanoi, Éd. en Langues étrangères, 1962

[32] Voir cette entrée

[33] De la révolte à la révolution. Aux premiers jours de la guerre d’Algérie, Paris, Albin Michel, 1985

[34] Demba Diallo, Çagaloba ! Carnets d’un militant du tiers-monde, 1925-1960, Bamako-Paris, 2005

[35] Juliette Bessis, « La crise de l’autonomie et de l’indépendance tunisienne, classe politique et pays réel », in René Gallissot (dir.), « Mouvement ouvrier, communisme et nationalismes », Cahiers du Mouvement Social, n° 3, 1978

[36] Bulletin n° 2, AD 93, Archives du PCF, Fonds André Moine, 332 J-4, Dossier FLN Fédération de France

[37] Cité par Charles-Robert Ageron, « Les États africains de la Communauté et la guerre d’Algérie (1958-1960) », in Charles-Robert Ageron & Marc Michel (dir.), L’Afrique noire française : l’heure des indépendances, Actes du Colloque organisé par l’IHTP, Paris et l’IPHOM, Aix-en-Provence, Aix, 26-29 avril 1990, Paris, CNRS Editions, 1992

[38] O.c.

[39] Alger, Éd. Dahlab, Alger

[40] Paris, Maspero, Coll. Cahiers Libres

[41] Pierre Brana & Joëlle Dusseau, Robert Lacoste (1898-1989). De la Dordogne à l’Algérie, un socialiste devant l’histoire, Paris, L’Harmattan, Coll. Des poings et des roses / Fondation Jean Jaurès / OURS, 2010

[42] Cité par Pierre Brana & Joëlle Dusseau, o.c.

[43] Id.

[44] Le Monde, 13 mai

[45] D’après le témoignage de Jean Mauriac, seul journaliste (AFP) accrédité lors de cette tournée du Général, in Le Général et le journaliste, Paris, Fayard, Coll. Témoignages pour l’Histoire, 2008 ; même témoignage chez Pierre Messmer, alors ministre des Armées, De Gaulle en direct, Intervention, Académie des Sc. Morales & Politiques, séance du 20 octobre 2003

[46] Le Monde, 23 janvier

[47] Le Monde, 19 septembre

[48] Le Monde, 15 décembre 

Mots clés : aucun
Classé dans : DICTIONNAIRE